Nutrition et métabolisme, encore un peu d’éducation…

A la lecture de certains commentaires sur ma page Facebook ou en conversant avec amis et collègues, je me rends compte à quel point :

  • La nutrition est un sujet qui échappe à la plupart des gens, même le corps médical (mon médecin m’a dit un jour « j’ai fait 20h de nutrition pendant mes 8 années d’études de médecine, vous en savez surement plus que moi »…)
  • Les publications que l’on trouve sont soit erronées et basées sur des principes nutritionnels obsolètes, soit trop techniques pour être comprise du plus grand nombre.

Du coup, je vais essayer de contribuer, à ma petite échelle, à faciliter la compréhension de ces mécanismes, histoire de briser un peu les certitudes établies dans le milieu médical (qui ne le sont plus tant) et dans l’inconscient collectif (qui lui met malheureusement plus de temps à se faire à ce nouveau paradigme).

Et du coup, je vais vous parler de mon insulinorésistance, youpi !

Certaines personnes produisent plus d’insuline que d’autres. C’est une forme d’hypersensibilité aux glucides, une réaction du métabolisme, comme d’autres ont des difficultés à assimiler le lait ou sont intélorants au gluten. Pas un truc forcément “acquis” lié à un mauvais comportement (même si ça peut l’être), mais souvent un défaut du métabolisme, qui peut être présent dès la naissance, ou déclenché au cours de la vie, par une multitude de facteurs.

L’insuline est l’hormone qui permet de transporter le glucose vers les cellules. Lorsque les cellules sont saturées d’insuline, le glucose est transformé en gras, stocké pour un usage ultérieur.

Lorsque le corps produit trop d’insuline, les cellules sont saturées plus vite. Le corps stocke plus. C’est le lit de l’obésité et du diabète de type 2 : les cellules ne pouvant pas consommer le glucose, et le métabolisme n’arrivant pas toujours à transformer cet afflux de glucose en graisse, plus de glucose se retrouve libéré dans le sang. Sans parler du grand huit glycémique, qui entraîne les hypoglycémies causes de fringales monumentales.

Une fois les cellules saturées d’insuline, le pancréas se met à en produire… PLUS !

Pourquoi ? Parce qu’il répond au manque de glucose présent dans les cellules en se disant “bon, pas assez de sucre pour nourrir les petits muscles ? Produisons plus de transporteurs, y en a bien qui réussiront à rentrer” (vous avez regardé “Il était une fois la vie”, vous aussi, quand vous étiez enfant ? :)).

Cette insulinorésistance devient chronique, et le moindre aliment produisant une réaction insulinique (plus importante évidemment face à des aliments à index glycémique élevé), on l’entretient même en s’affamant, même avec un régime hypocalorique.

Plus on a souffert longtemps de cette insulinorésistance, plus il sera difficile de la guérir (ou du moins de la calmer).

Bien sûr, un mauvais comportement alimentaire peut être la cause de cette insulinorésistance, mais bien souvent ces comportements sont liés eux-mêmes à un souci d’assimilation des glucides qui entraînent fringales et problème de satiété.

Et la bonne nouvelle c’est lorsque c’est vraiment lié à un problème d’alimentation inadaptée pendant une courte période (on peut penser aux personnes qui prennent du poids en entrant dans la vie active, se mettent en couple, deviennent plus sédentaires, etc.), la guérison est plus facile : en réadaptant son alimentation, on peut réussir à l’améliorer, souvent au prix d’efforts importants..

Lorsque cette insulinorésistance est liée à un dérèglement métabolique, c’est beaucoup plus compliqué, mais pas impossible. Cela demande encore plus d’efforts, une bonne connaissance de soi et de ses réactions face aux aliments qu’on consomme, et l’acceptation de pas mal de concepts qui vont à l’encontre de ce que nous rabâchent le corps médical et la société (le gras c’est la vie, on peut survivre en mangeant uniquement 2 repas par jour, le cerveau n’a pas besoin de glucides exogènes pour fonctionner, etc…).

Mais c’est nécessaire. Parce qu’au-delà de l’aspect esthétique, lutter contre l’insulinorésistance est le meilleur moyen aujourd’hui d’éviter, voire d’inverser un diabète de type 2, et tout un tas d’autres maladies métaboliques ou neurologiques liées à l’inflammation causée par un afflux trop important de glucose dans le sang.

Perdre du poids n’est qu’un corollaire, et tant mieux, parce que peser 20, 30 ou 40kg de trop n’améliore ni la durée ni la qualité de vie. Mais le danger n’est pas dans la ‘grosseur’ visible. Le danger est dans l’insuline que notre corps produit, et ce danger là est invisible, parce qu’il n’atteint pas que des personnes obèses…

Surveillez vos apports en glucides, et n’oubliez pas, il n’y a pas de bon ou de mauvais sucre, il y a juste trop de sucre.

Sophie Gironi • Coach ceto & lowcarb

Coach certifiée The Nutrition Network™; j'accompagne ceux qui souhaitent perdre du poids et retrouver la forme vers leur alimentation minceur durable, au travers de mon programme "Les Astuces de Sophie" • 28 jours pour réduire les glucides.

5 réponses

  1. Sjzel dit :

    Merci, simplement merci.

  2. Mae dit :

    Sophie, tu m’as beaucoup inspiré il y a bientôt 10 ans pour la partie « blonde & geek », et tu m’aides encore terriblement concernant ce sujet 😚
    Le corps humain est une belle machine et « heureusement » que nous avons la chance de voir que notre alimentation moderne ne fonctionne pas en ayant un dysfonctionnement. Ça aide à une prise de conscience que peu ont.

  3. Delphine dit :

    J’ai 46 ans et je fais le yoyo depuis la fin de l’adolescence quand je suis partie vivre aux US pendant 10 ans.
    J’ai découvert l’alimentation cétogène il y a 6 mois et les différents protocoles de jeûne (intermittents et prolongés) il y a 2 mois. J’ai perdu 10 kilos, surtout depuis que je me suis mise au jeûne intermittent.
    Je viens de découvrir ton blog qui est très instructif. Je lis et j’écoute beaucoup d’anglo-saxons sur ces sujets et ça fait du ben d’avoir une ressource en français, surtout si on veut un moyen d’éduquer ses proches.

    • Sophie dit :

      Merci pour ces retours Delphine ! Il y a effectivement beaucoup d’ouvrages et de blogs sur le sujets aux US et au Canada, mais la « ketoclique » française commence à bien se développer !

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