Le régime keto n’existe pas !

Lorsqu’on s’intéresse au « régime keto », on se confronte souvent à des conseils, voire des injonctions, quant aux macros à respecter au gramme près, à la quantité obligatoire de gras à consommer, au niveau de cétonémie à atteindre absooooolument… Or, le terme régime keto est un mot fourre-tout qui ne laisse pas la place à la nuance nécessaire à comprendre le fonctionnement DES alimentations réduites en glucides.

La plupart des gens catégoriques font deux erreurs, sur lesquelles je vais revenir plus bas, mais avant ça, il va falloir clarifier 2-3 points. Je vais simplifier au maximum et prendre des raccourcis pour éviter de vous donner mal à la tête…

Premier point : que signifie réellement « cétogène » ?

L’adjectif cétogène s’applique à toute alimentation qui entraîne, volontairement ou pas, un accroissement de la quantité de cétones dans l’organisme. C’est ce qu’on appelle une cétose nutritionnelle

De fait, le jeûne, la dénutrition ou une alimentation 100% carnivore sont DES alimentations cétogènes, puisque jeûner, ou être privé de nourriture, ou ne manger que de la viande va entraîner un accroissement de la sécrétion des cétones par le foie, qu’il synthétise à partir des acides gras.

En matière de « régime », on parle de cétose nutritionnelle optimale quand l’alimentation est suffisamment réduite en glucides et riches en nutriments pour permettre de perdre du poids tout en étant correctement nourri et en bonne santé. Parler de « régime keto » quand on supprime simplement les sucres et les féculents est donc une exagération : bien souvent, il s’agit d’une alimentation lowcarb, et cela est déjà très bien !

Cette illustration permet de comprendre qu’il ne s’agit pas d’alimentations différentes mais bien d’une seule alimentation, l’alimentation réduite en glucides, au sein de laquelle on trouve des versions de plus en plus strictes : au dessus des 20-25g de glucides par jour, on va être dans une approche lowcarb, en dessous des 20g par jour dans une approche céto, et si l’on diminue encore les glucides, on se rapproche du carnivore.

Deuxième point super important : être en cétose fait-il maigrir ?

Avant toute chose, il est nécessaire de comprendre qu’être en « cétose » ne veut rien dire. La cétose n’est pas un état alternatif, il ne s’agit pas d’y être ou de ne pas y être, il s’agit d’une augmentation de quantité de cétones dans le sang – la fameuse cétonémie – et du maintien de cette quantité sur le long terme.

Or, personne ne sait vraiment fixer le seuil à partir duquel on passe en cétose… Peut-on considérer qu’on est en cétose à 1 mmol/L ou déjà à 0,4 ? Faut-il aller jusqu’à 2,5 pour devenir un champion en cétose ? Il n’y a pas de réponse à ces questions parce que comme je le martèle depuis toujours : tout le monde est différent et va donc réagir différemment aux modifications des apports nutritionnels.

Et surtout, ce n’est pas de ce taux de cétones dans le sang que va dépendre votre perte de poids !

L’augmentation de la sécrétion de cétones est un signe intéressant, encourageant, parce qu’il valide le fait qu’on a suffisamment diminué ses glucides pour diminuer la sécrétion d’insuline. On le ‘ressent’ au démarrage d’une alimentation cétogène, on peut éventuellement le mesurer à ce moment là pour se rassurer, même si ce n’est pas franchement nécessaire…

Il faut bien comprendre que c’est le fait de lisser la glycémie et donc d’entraîner la diminution de la sécrétion de l’insuline qui va permettre de perdre du poids ! Pas le fait d’être ou pas en cétose, pas le fait d’avoir une cétonémie élevée ou pas.

C’est parce qu’on aura suffisamment diminué les glucides que le corps va être obligé de synthétiser des acides gras, et cela ne pourra se produire que si la sécrétion d’insuline est au plus bas. Plus l’insuline est basse, plus la quantité de cétones est haute. L’augmentation de la cétonémie n’est donc pas un objectif mais un symptôme de la baisse du niveau d’insuline.

On peut d’ailleurs être en cétose, respecter strictement ses macros et ne pas perdre de poids, juste parce qu’on n’a pas pris la peine d’identifier des intolérances, ou parce qu’on favorise des aliments qui font réagir notre insuline…


Revenons maintenant sur les deux erreurs principales commises par les ayatollahs DU « régime keto » :

Première erreur : penser qu’il existe des macros universelles.

Les macros dites « céto » – c’est à dire la proportion de glucides, protéines et lipides composant l’apport nutritionnel journaliers – sont consensuellement fixées à 5% maximum des calories tirées des glucides, 20% de protéines et 75% de lipides.

Sauf que bien évidemment, ça n’est qu’une hypothèse de travail ! En fonction des personnes, cela peut varier, et c’est normal.

Peut-on vraiment imaginer un seul instant que la même alimentation va convenir à un jeune sportif qui a pris du poids rapidement suite à une blessure, à une jeune maman qui a fait un diabète gestationnel, à un homme sédentaire qui s’est nourri essentiellement d’aliments ultra transformés toute sa vie ou à une femme ménopausée qui mange pourtant ‘sainement’ et dont la balance affiche depuis toujours 10 à 20kg de trop par rapport à son poids idéal ?

Peut-on vraiment penser qu’il suffira d’appliquer les mêmes macros qu’on ait 5kg, 15kg ou 30kg à perdre pour arriver au même résultat ?

Ce modèle de pensée d’une alimentation universelle – et donc d’un même céto – qui fonctionnerait pour tous de la même façon est le signe d’une profonde méconnaissance du fonctionnement du métabolisme, et c’est ce mode de pensée qui est à l’origine des croyances nutritionnelles délétères qu’on continue à nous servir partout – le fameux « Manger bouger » et autres « 5 fruits et légumes par jour » notamment.

L’idée n’est donc pas d’appliquer bêtement des macros universelles – qui n’existent pas – mais de partir d’une hypothèse de travail et d’apprendre à observer les résultats de ce changement d’apport pour l’adapter ensuite !

Deuxième erreur : penser que toutes les macros se valent.

Au delà de la quantité idéale de chaque macronutriment, dont vous aurez compris qu’elle varie en fonction des individus, il faut également garder à l’esprit que des macros strictement identiques sur le papier n’aboutiront pas forcément au même résultat chez une seule et même personne.

Un gramme de lipides tiré d’un aliment d’origine animale n’aura pas le même impact qu’un gramme de lipides tiré d’une huile végétale. Idem pour un gramme de protéines qui viendrait d’un morceau de viande ou d’une amande, d’un gramme de glucides venu d’un fruit ou d’un légume, sans parler des sensibilités de chacun à la caséine, au lactose, aux oxalates…

Là où certaines personnes vont avoir besoin d’un apport en protéines uniquement tiré de la viande – voire de certaines viandes plus que d’autres – et vont devoir limiter les protéines tirées du fromage ou des noix, d’autres devront favoriser les lipides d’origine animale plutôt que les oléagineux et huiles végétales, et d’autres encore pourront aisément consommer des yaourts là où cela représentera un facteur de stagnation voire de reprise chez d’autres !

Pire, en respectant strictement les mêmes macros, il est possible de rencontrer des difficultés simplement parce qu’on aura consommé trop de produits « transformés » – et je ne parle pas même pas d’aliments industriels – le simple fait de réduire un légume en purée peut avoir un impact sur sa métabolisation !


Tout ça pour en arriver à ma conclusion et au sujet de ce billet :

Le régime keto n’existe pas !

On ne pratique pas LE keto mais UNE alimentation cétogène, voire simplement UNE alimentation réduite en glucides !

Alors bien sûr, on utilise tous des raccourcis en parlant de régime d’alimentation céto, là où il en existe tellement : l’alimentation cétogène hypotoxique, l’alimentation carnivore, l’alimentation RP/E, l’alimentation cétogène dite 1:1, ou 1:2, l’alimentation cétogène sans ceci ou sans cela, plutôt ceci ou plutôt cela…

Ce qu’on englobe rapidement sous l’étiquette #keto au final, ce sont des ‘modèles’ alimentaires, qui restent plus ou moins génériques et qui constituent de bonnes bases pour démarrer, mais qui ne peuvent en aucun cas être présentés comme LE modèle absolu, LE vrai et l’unique céto.


Alors comment trouver SON alimentation cétogène ?

Parce qu’au final, l’enjeu est là, non ? Trouver les bons ratios et les bonnes proportions pour atteindre SES objectifs, tout en tenant compte de SES contraintes.

Des ratios et des proportions qui devront être acceptables et applicables sur du très long terme pour garantir d’adopter durablement une alimentation qui permet de perdre et surtout de stabiliser son poids – parce que s’il y a quelque chose que mes 15 années de recul sur les alimentations réduites en glucides me permettent d’affirmer, c’est que perdre n’est pas le plus compliqué !

La réponse tient en 3 points essentiels, et quelques dizaines d’autres que je vais vous épargner pour préserver votre santé mentale…

  • La quantité de glucides doit rester limitée. Cette limite dépend de chacun mais on considère comme hypothèse de départ que rester sous 20g permet de réduire la sécrétion d’insuline. Peut-être que vous pourrez vous autorisez 40g, peut-être même 80g, chacun est différent et ce sont les réactions de votre métabolisme qui doivent vous guider, pas des chiffres tout droit sortis d’une app ou d’un calculateur à la noix.
  • Trouver l’équilibre entre énergie, satiété et perte de poids. Perdre du poids en ayant faim toute la journée ou en s’affaiblissant n’est pas durable ! Les protéines et les lipides doivent vous permettre d’équilibrer tout ça et les meilleurs indicateurs à suivre pour savoir si vous êtes dans les clous, c’est votre poids, votre faim et votre niveau d’énergie. Pas un chiffre sur un appareil dont on sait de toutes façons qu’il peut présenter de grosses marges d’erreur.
  • Identifier VOTRE modèle personnel, en vous basant sur des expérimentations personnelles et des mesures. Comprendre si le fromage est un facteur de stagnation et être en mesure de définir si c’est à cause du lactose, de la caséine ou des lipdes, savoir si manger gras le matin nous convient mieux que le soir, identifier une sensibilité aux graisses animales ou à certains produits transformé, tout cela ne se fait pas en lisant des tonnes d’articles sur l’alimentation LES alimentations cétogènes mais en pratiquant !

La seule solution pour trouver SON alimentation cétogène reste donc l’expérimentation personnelle : partir d’un postulat de base et adapter ses apports au fur et à mesure de sa progression, en fonction de son niveau d’énergie, de sa sensation de satiété, de l’évolution de sa courbe de poids ou des réactions inflammatoires qu’on pourra constater sur la balance.

Et ce postulat de base n’a pas forcément besoin d’être un ratio « céto strict », chez certaines personnes la simple réduction des glucides et l’adoption d’une alimentation dite « low carb » peut suffire à perdre du poids. Inutile donc de vous lancer bille en tête et de vous mettre la rate au court-bouillon avec la mesure des macros et un ratio parfait à atteindre dès le premier jour !

Commencez simplement par adopter les bons réflexes en éliminant les aliments interdits et en revoyant vos proportions, cela vous évitera de vous décourager en cherchant à atteindre immédiatement la perfection – dont on sait tous qu’elle n’existe pas 😜

Ces articles peuvent d’ailleurs vous intéresser :
👉🏻 Comment composer facilement un repas cétogène ?
👉🏻 Démarrer une alimentation cétogène sans compter

👉🏻 La mécanique de la perte de poids


Une fois que vous aurez un peu de recul sur ce premier pas – à savoir s’il est suffisant pour déclencher une perte de poids – vous pourrez commencer à avancer, progressivement, en ajustant tel ou tel apport, en étant patient et rigoureux, en acceptant de vous tromper et de recommencer avec une nouvelle hypothèse…

Et comme je le dis régulièrement aux personnes que j’accompagne : il ne s’agit pas d’un sprint, mais d’un marathon, voire d’un ultra marathon ! Soyez patients, soyez rigoureux et soyez humbles : ce qui fonctionne un jour ne fonctionnera pas forcément toujours, et c’est une fois qu’on l’a compris et qu’on accepte de ne pas tout maîtriser qu’on arrive à composer AVEC sont métabolisme et pas contre lui !


Et si tu veux démarrer une alimentation réduite en glucides qui TE convient, en comprenant quoi faire et comment le faire en fonction de TON métabolisme, de TES objectifs et de TES contraintes, jette un oeil à mon programme en 28 jours, qui te donnera les clés de compréhension pour mettre en place TON alimentation minceur durable !


Les informations partagées sur ce site ou par le biais de la newsletter associée ne sauraient se substituer à un avis médical et ne reflètent que l’expérience personnelle de l’auteur. L’auteur rappelle qu’un changement d’alimentation quel qu’il soit doit toujours faire l’objet d’un suivi médical.

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